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Questions sur LibreOffice

LibreOffice, suite bureautique

L'expert en suites bureautiques Raymond Ouellette décrit les multiples qualités et fonctionnalités de cette suite bureautique, qui n'a rien à envier à ses concurrentes. Utilisée dans plusieurs ministères importants en France, elle ne trouve pas preneur au Québec dans les administrations publiques... Étrange!

Puissante, riche, ouverte avec un format ISO qui garantit la pérennité, l'interopérabilité et la sécurité des documents, la suite LibreOffice a tout pour réussir. Le hic, c'est que cette suite se heurte à une formidable résistance dont on est en droit de se demander si elle tient à l'ignorance, à la paresse ou, ce qui serait pire, mais non impensable aujourd'hui au Québec, à des influences monétaires occultes (corruption).

Quoi qu'il en soit, il est un pays, la France, où la suite LibreOffice – ainsi que son «ancêtre» OpenOffice – sont largement utilisées soit de façon exclusive soit en cohabitation avec une suite commerciale. Il vaut la peine de nommer ces administrations, car elles ne sont pas des îlots perdus au sein de l'État français. Ce sont les ministères et administrations suivantes: Écologie, Défense, Intérieur, Économie, Budget, Culture, Justice, Agriculture, Les journaux officiels et la documentation française, l'ENA, l'Assemblée nationale, la Gendarmerie nationale et, enfin, la Caisse d'allocations familiales...

Pourquoi des administrations françaises sont-elles capables d'utiliser une suite bureautique libre mais que ce ne soit le cas d'aucune administration québécoise? Le Vérificateur général du Québec, qui doit entre autres vérifier si l'argent des contribuables est convenablement dépensé, devrait jeter un coup d'œil du côté des dépenses informatiques. Il pourrait commencer par lire l'interview de Raymond Ouellette, expert en bureautique. À travers les propos de ce dernier, on constate encore une fois qu'il est opportun pour une administration publique d'utiliser LibreOffice.

François Huot, journaliste

 

Interview de Raymond Ouellette, expert


Quelles sont les composantes de la suite bureautique LibreOffice?

LibreOffice (LO) a 6 modules (ou composantes) qui se partagent pas moins de 90 % du code de la suite : c'est dire que l'intégration est bonne!

On retrouve :

  • un traitement de texte [Writer]
  • un tableur [Calc]
  • un éditeur de présentation [Impress]
  • un éditeur de dessin vectoriel [Draw]
  • une base de données [Base]
  • un éditeur de formules mathématiques [Math]

 

Une intégration que la concurrence n'a pas...

Quelles sont les forces de LibreOffice?

Sa convivialité, sa stabilité, sa puissance et son choix de format de fichier (natif, en importation et en exportation) sont ses plus grandes forces. Si LO est née en septembre 2010, elle provient de la suite OpenOffice.org qui elle-même découle de la suite StarOffice qui existait déjà en 1985. Ses programmeurs, dont le noyau dur travaillait pour OpenOffice.org, ont une longue expérience.

LibreOffice utilise le format OpenDocument1 comme format de fichier natif : un format normé ISO et qui garantit la pérennité, l'interopérabilité et la sécurité des documents. Le format assure également une indépendance par rapport à tout autre éditeur de suite bureautique; en effet, lorsqu'un éditeur propriétaire (ou commercial) cesse de supporter un format de fichier, l'utilisateur risque de perdre des données. Citons comme exemples les formats Word 2.0 ou WordPerfect...

Si sa convivialité est une force (la suite semble facile d'approche), elle est aussi une faiblesse car, lorsqu'on aborde LO comme si c'était la concurrence, on évacue sa puissance principale : les styles. On peut, et on doit, utiliser les styles (à l'aide du styliste - F11) dans tous les modules de la suite pour en profiter au maximum.

Les styles permettent une uniformisation des documents, une automatisation et des éditions/corrections professionnelles à une vitesse inégalée. Non, la concurrence n'offre pas autant de possibilités ni de souplesse avec ses styles.

LO est aussi multiplateforme : son interface et son fonctionnement sont identiques sous Windows, sous Linux ou sous Mac OS-X. Un document créé dans n'importe lequel de ces environnements sera identique et interopérable dans un autre.

LibreOffice et Microsoft Office sont compatibles; mais qu'entend-on par cela? Jusqu'où va cette compatibilité ?

LibreOffice sait ouvrir des documents créés avec la suite MsOffice; mais il sait aussi créer ou éditer des documents qui peuvent être sauvegardés dans un des formats de MsOffice. Les filtres import/export de LibreOffice savent manipuler une grande quantité de formats de fichier; il n'est d'ailleurs pas rare d'être capable d'ouvrir dans LO d'anciens documents MsOffice que les versions plus récentes de la suite bureautique de Microsoft ne savent même plus ouvrir elles-mêmes !

L'utilisation des styles est ce qui permet le meilleur passage de LO vers une suite concurrente. L'import/export est-il parfait ? Parfois... Pour être parfait il faudrait que votre document soit indépendant des périphériques de sortie, c'est-à-dire que son rendu ne dépende pas de votre imprimante, de votre écran, voire de votre système d'exploitation. Aucune suite bureautique n'est indépendante2 des périphériques : c'est ce qui explique pourquoi le document que vous avez tant fignolé et qui se termine au bas de la page 7 se terminera plutôt au haut de la page 8 une fois imprimé ailleurs. Tout document bureautique affiché ou imprimé l'est selon les polices d'écran installées et selon votre imprimante.

Ce qui est présent dans la suite MsOffice se retrouve dans LibreOffice :

  • le traitement de texte Writer est plus puissant, plus souple et plus stable que la concurrence (en entreprise, jouez avec la langue des polices pour basculer le formatage des tableaux d'une langue à l'autre, avec le texte conditionnel caché, avec les styles et les cadres liés...) ;

  • le tableur Calc s'utilise comme son concurrent et les formules de la concurrence sont toutes présentes (Calc en a même davantage). Il peut être plus lent dans certaines situations ou plus rapide dans d'autres. L'utilisation des styles et des langues permettent un formatage professionnel et des possibilités d'impression (changement d'orientation, changement de format de papier, etc.) inégalées, en une seule opération, sur des onglets multiples. Les macro commandes VisualBasic de Microsoft peuvent fonctionner si elles ne sont pas spécifiques à des fonctions uniques de la suite concurrente ou à un autre système d'exploitation ;

  • le logiciel de présentation Impress ressemble à la concurrence, mais l'intégration des textes, des tableaux ou des dessins vectoriels provenant des autres modules de la suite sont plus faciles qu'avec la concurrence. Impress sait aussi exporter en pdf dynamique ou même en flash. Le module de présentation (« Presenter Console »), installé par défaut dans LibreOffice, affiche la présentation sur l'écran principal (ou le canon) et un outil de présentation avec miniature, notes, diapositive suivante, minuterie et horloge pour la personne qui fait la présentation;

  • le logiciel de dessin vectoriel n'a pas d'équivalence dans la suite concurrente, pensez ici à un mini Corel Draw ou à un mini Visio. Draw sait travailler en pseudo 3D et il offre des possibilités impressionnantes pour réaliser des graphiques complexes (au lieu de les faire dans le tableur). Il est aussi idéal pour de la documentation et pour combiner le matriciel (une saisie d'écran par exemple ou une image) et le vectoriel. En outre, son travail en multicouches (calques), verrouillables ou non en affichage, en édition ou en impression, en fait un outil d'éditique fort complet;

  • la base de données ressemble à la concurrence, mais elle nécessite un certain apprentissage. On peut importer des bases MsAccess dans Base, mais seulement dans la version pour Windows de LibreOffice. La lecture de la fonction d'aide est fortement recommandée pour saisir les subtilités de Base et ses différences avec la concurrence;

  • l'éditeur de formules Math est assez intuitif à utiliser grâce à son interface graphique simple. Peu de gens savent que même la concurrence a un éditeur semblable dans son traitement de texte; toutefois LibreOffice intègre Math dans tous ses modules !

Dans une entreprise, comment organiser une bonne cohabitation entre les deux suites ?

Le secret réside dans le format des fichiers et dans une formation minimale pour comprendre les atouts de LibreOffice. N'utiliser que les formats de fichiers de MsOffice donne l'impression d'une solution adéquate à court terme, c'est vrai, mais à très court terme! En effet, elle vous force à toujours dépendre d'un unique éditeur : Microsoft.

LibreOffice utilise, nativement, un format de fichier nommé OpenDocument3, norme internationale ISO, un vrai bijou ! Le format ne dépend d'aucun éditeur commercial, est bien documenté, sécuritaire et pérenne. Il est interopérable et de plus en plus de suites bureautiques l'utilisent nativement, même la suite en ligne GoogleDocs! Les possibilités étant supérieures avec le format natif OpenDocument, il y a toujours des risques de pertes de formatage si on utilise un format moins performant.

Un fichier OpenDocument, malgré son extension, est en réalité une archive compressée (.gz ou .zip). Faites une copie de votre fichier, changez son extension pour .zip, puis ouvrez-le avec votre archiveur/compresseur préféré pour en voir le contenu.

Le contenu brut de votre document est dans le fichier content.xml dans un format balisé xml avec des caractères en UTF-8. Les autres fichiers de l'archive contiennent vos styles et votre formatage. Des sous-répertoires contiennent vos images, vos dessins, vos formules et même des vignettes pour la fonction d'aperçu rapide des gestionnaires de fichiers capables de les utiliser. Une fois l'archive ouverte, il est facile d'extraire, par exemple, les images originales d'un fichier.

Il n'est pas habituel d'utiliser cette astuce pour voir le contenu d'un fichier OpenDocument, mais mieux comprendre la structure du fichier explique pourquoi l'ouverture ou la sauvegarde d'un fichier OpenDocument prend plus de temps que la concurrence.

Peut-on et, si oui, comment peut-on installer un dictionnaire d'une langue autre que la langue d'installation de la suite LibreOffice ?

Plusieurs dictionnaires sont installés par défaut; selon la version de Libre Office que vous aurez choisi d'installer (Windows, Windows portable, Linux, Mac OS-X), souvent ce sont les dictionnaires français, anglais et espagnol.

Les versions Windows de LibreOffice offrent par défaut 13 dictionnaires de base ainsi que 57 dictionnaires multilingues ! L'ajout d'un dictionnaire se fait soit avec le gestionnaire des extensions [Menu > Outils > Gestionnaires des extensions > Obtenir des extensions supplémentaires en ligne...], soit en ligne dans le site de LibreOffice, soit avec votre gestionnaire de paquet si vous êtes sous Linux.

Que vaut le correcteur orthographique de LibreOffice ?

Les dictionnaires permettent la correction orthographique; les erreurs de frappe courantes sont rapidement détectées à la volée (la langue est indiquée dans la barre d'état du bas, cette barre contient en réalité des boutons, cliquez-les à gauche ou à droite pour obtenir des menus/résultats différents - c'est valable pour tous les modules de la suite LibreOffice).

S'il vous faut un correcteur grammatical (pour distinguer c'est de ces par exemple), vous aurez le choix entre deux extensions de LibreOffice : Grammalecte4 pour le français seulement ou LanguageTool5 pour plus d'une dizaine de langues dont le français. Sous licence libre, les deux modules ne peuvent pas être utilisés conjointement, il y a incompatibilité et il faut donc installer un seul des deux modules au choix. Si vous préférez une solution commerciale, le logiciel Antidote6 de la société québécoise Druide est compatible avec LibreOffice et disponible pour toutes les plateformes.

Le tableur : quelles sont ses grandes caractéristiques ?

Le tableur Calc n'a pas à rougir de la concurrence, bien au contraire ! Toutes les fonctions des autres tableurs s'y retrouvent et Calc en offre même davantage. Ses possibilités graphiques sont supérieures à la concurrence et l'utilisation des styles de cellules ou de pages lui donnent un avantage indéniable. Calc ne souffre pas de la limite de 8192 discontinuités7 dans Excel et n'invente pas de date (comme le 29 février - sic - 1900). Il offre lui aussi des tableaux croisés dynamiques, nommés « tables de pilotes », parce que Microsoft détient un brevet sur le nom...

Calc permet aussi d'exporter ses résultats dans un document pdf en générant des signets différents pour chaque onglet. S'il sait importer et exporter dans les formats de fichier de la concurrence, son format natif est OpenDocument.

Que sont les extensions ? Quels sont les extensions de LibreOffice qu'il est opportun d'installer ? Y a-t-il des extensions spécifiques pour les entreprises ?

Les extensions sont des fonctionnalités supplémentaires, que l'on peut installer ou non. Plusieurs dictionnaires, par exemple, sont installés selon ce principe. Il y a plus de 120 extensions disponibles à http://extensions.libreoffice.org/. LibreOffice, dans la plupart de ses versions, préinstalle une douzaine d'extensions.

Outre les dictionnaires français, anglais et espagnol, la console de présentation (« Presenter Console »), pdfimport (nous en parlerons plus loin) et le créateur de rapport (pour bases de données) sont des incontournables. Le gestionnaire des extensions est dans le menu « Outils » de LibreOffice, rien de plus simple !

Le panneau d'accueil de LibreOffice permet aussi d'ajouter directement des extensions en cliquant l'icône (mise ici en évidence) de l'ajout de nouvelles fonctionnalités. J'en profite pour signaler que glisser-déplacer des fichiers dans toute zone libre du panneau d'accueil permet d'ouvrir n'importe quel fichier dans LibreOffice, car le bon module est automatiquement sélectionné.

Quelles sont les fonctionnalités de LibreOffice relativement aux documents PDF ? Que sont ces documents PDF dits hybrides et quels en sont les avantages ?

Je crée, manipule et édite des documents pPDF depuis 1997 et j'ai essayé à peu près tous les outils disponibles, propriétaires ou libres. Je ne connais pas de meilleur créateur PDF que LibreOffice ! Mais il faut savoir l'utiliser... On peut exporter vers leformat PDF (préférez le menu Fichier > Exporter au format PDF... plutôt que l'export direct) à partir de n'importe quel module de LibreOffice (de Writer, Calc, Impress, Draw ou Math).

Mais, si vous avez installé l'extension PDF Import (elle est peut-être déjà installée), alors vous pourrez aussi importer un document PDF non verrouillé ou protégé par mot de passe pour l'éditer et même créer des PDF hybrides.

PDF hybrides ? À première vue un PDF hybride ressemble à n'importe quel document PDF et il sera lu sans sourciller dans n'importe quel lecteur PDF, sauf qu'il contient, caché, la version originale OpenDocument qui a servi à le créer et qui demeure parfaitement éditable. L'exemple suivant sera plus clair : vous venez de créer un document avec le traitement de texte Writer, document qui contient peut-être des tableaux provenant de Calc ou des dessins vectoriels de Draw, et vous l'exportez comme pdf hybride (une case à cocher dans le menu d'exportation le permet) dans un fichier nommé exemple.pdf. Le fichier exemple.pdf sera lu normalement par tout lecteur pdf. Mais si vous l'ouvrez avec LibreOffice, la version originale OpenDocument, cachée dans le pdf hybride, s'ouvrira. Vous pourrez l'éditer à nouveau et l'exporter encore une fois en PDF hybride, en PDF simple ou dans n'importe quel autre format.

Évidemment, qui dit version OpenDocument cachée dans un document PDF, dit aussi fichier plus lourd. C'est vrai, mais la lourdeur ne va pas du simple au double et les avantages du format compensent cet inconvénient !

Y a-t-il des logiciels avec lesquels LibreOffice se combine bien ?

LibreOffice est une suite bureautique complète; elle répond à la majorité des besoins de bureautique.

Essayez d'utiliser des logiciels de qualité, qui privilégient des formats de fichiers ouverts, documentés et qui, surtout, seront pérennes. Bâtir sur de telles solutions protège vos données et vous en assure la maîtrise. LibreOffice fait partie de ces logiciels.

Vous devez traiter une image matricielle (comme une photo) pour l'utiliser dans LibreOffice ? Gimp8 est un logiciel libre de très haute qualité pour y répondre.

Vos besoins, en dessins vectoriels, exigent davantage que Draw de LibreOffice ? Essayez Inkscape9, une autre solution libre et gratuite de très haute qualité.

Vos besoins en éditique exigent davantage que Writer de LibreOffice ? Scribus10 est un éditeur PAO de qualité professionnelle libre et gratuit.

Le monde des logiciels libres et gratuits est étonnant et inspirant. L'Internet n'existerait pas sans l'apport des logiciels libres. Et cette liberté existe depuis 1985 !

1Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/OpenDocument

2En rédaction de texte il n'existe, à ma connaissance, qu'un seul logiciel qui soit totalement indépendant des périphériques de sortie : LaTeX [voir https://fr.wikipedia.org/wiki/LaTeX]. Le processeur documentaire LyX [http://www.lyx.org/WebFr.Home], qui utilise LaTeX en arrière-plan, offre aussi cette indépendance avec une courbe d'apprentissage moins élevée.

3Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/OpenDocument.

4Voir http://extensions.libreoffice.org/extension-center/grammalecte.

5Voir http://extensions.libreoffice.org/extension-center/languagetool.

6Voir http://www.druide.com.

7Voir http://zonelibre.grics.qc.ca/spip.php?article251

8Voir http://www.gimpfr.org en français ou le site officiel à http://www.gimp.org.

9Voir http://inkscape.org/?lang=fr.

10Voir http://www.scribus.net.

 

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DSQ: un échec expliqué!

par François Huot, journaliste et rédacteur en chef de Logiquelibre

En mai 2011, le Vérificateur général du Québec constatait que le Dossier Santé Québec tel que conçu au départ était un échec et ne verrait pas le jour. Le professeur et informaticien Daniel Pascot de l'Université Laval explique, lui, les raisons profondes de cet échec et avance des suggestions pour corriger le tir!

Partie 1 : les deux DSQ

Un vrai coup de matraque que ce jugement du Vérificateur général du Québec dans son dernier rapport sur le Dossier santé Québec (DSQ) rendu public le 4 mai 2011 : « Les paramètres initiaux du projet, soit les coûts, la portée et l’échéancier, ne seront pas respectés. Compte tenu de ces changements, nous considérons que le projet sous sa forme définie à l’origine n'existe plus et, en ce sens, est un échec.

« Ainsi, l’informatisation du réseau de la santé et des services sociaux ne repose plus sur un partage d’informations couvrant toutes les régions du Québec avec le même outil informatique tel qu’il a été conçu et appelé au départ, le DSQ. Le ministère a changé de stratégie pour permettre, avec des outils informatiques différents, le partage d’informations entre des sites d’une même région d’abord, reportant ainsi l’interopérabilité provinciale. Il n’est pas étonnant que le ministère en reporte encore l’échéance et qu’il indique seulement que l’informatisation du réseau ne sera pas terminée avant 2016. »

Quant aux coûts, il semble qu'ils aient pris ascenseur, passant d'un estimation de 563 millions de dollars à quelque 1,5 milliards de dollars... En décembre 2010, les dépenses effectuées s'élevaient déjà à 308 millions de dollars. 

Le projet DSQ initial 

Sur papier, le DSQ est d'une grande simplicité : il s'agit d'un dossier informatisé accessible partout au Québec par des personnes autorisées (médecins, infirmières et pharmaciens) et contenant une série de renseignements essentiels (et non l'ensemble du dossier médical ou, selon le cas, des multiples dossiers médicaux d'une personne). Dans un premier temps, ce devait être trois choses : liste des médicaments (avec la posologie) délivrés dans une pharmacie, résultats d’examens de laboratoire, résultats d’examens d’imagerie diagnostique (radiographies). Les personnes autorisées devaient pouvoir accéder aux données via un visualiseur (interface) développée au coût de 111 millions de dollars. 

Dans un deuxième temps, d'autres informations devaient venir enrichir le DSQ : coordonnées des principaux professionnels de la santé consultés par une personne, informations sur les allergies et intolérances, les données de vaccination et d’urgence (ce que le personnel de la santé doit savoir sur une personne en situation d'urgence). Notons que la participation au DSQ ne devait être aucunement obligatoire ou automatique et qu'une personne devait préalablement accepter d'y participer pour que son dossier soit constitué.

Dans la réalité, en raison de la complexité de mettre sur pied un tel dossier, le projet DSQ a été divisé en un « portefeuille » de treize sous-projets, cinq étant de nature strictement médicale (médicaments, imagerie diagnostique, laboratoire, télésanté, etc.) et huit autres reliés au système (sécurité, consentement des personnes, identification des usagers et utilisateurs, etc.)

Le « nouveau DSQ »

Sur le terrain, certains éléments ou morceaux du DSQ ont déjà pris forme et fonctionnent, au moins partiellement. C'est le cas pour la télésanté, l'imagerie diagnostique (la quasi-totalité des quelque huit millions millions d'images radiologiques produites annuellement dans les établissements publics sont numérisés, archivés et progressivement transmis vers trois dépôts ou répertoires supra régionaux).

Il apparaît par contre que l'approche première du DSQ est désormais remise aux calendes grecques et que le DSQ, à la suite des difficultés et échecs, emprunte une nouvelle voie. Ainsi, au lieu d'utiliser une plateforme informatique unique partout pour l'ensemble du Québec, on se dirige maintenant vers la cohabitation de multiples DPE (dossier patient électronique) qui se communiqueront via une « norme DSQ » et plusieurs visualiseurs... 

Le hic, explique le Vérificateur général, c'est que ce changement de cap « a mené à une réduction significative des utilisateurs potentiels et de la portée dessous-projets du DSQ ». À cela s'ajoutent des  délais supplémentaires de plusieurs années dans la mise en place du système et une augmentation des coûts de plusieurs centaines de millions de dollars!

Pourquoi un tel échec? Si le Vérificateur général l'impute en partie à la gouvernance du projet, LogiqueLibre a tenté d'aller plus loin avec le professeur Daniel Pascot de l'Université Laval. Ce dernier, un spécialistes des grandes architectures informatiques, estime que le projet était mort-né en raison des erreurs profondes de conception qui ont affligé le DSQ (voir section suivante).

Partie 2 : interview de Daniel Pascot

Ce professeur identifie les raisons pour lesquelles le DSQ originel ne pouvait voir le jour et livre des pistes de solutions pour remettre le DSQ sur pied... 

DanielPascotDaniel Pascot est professeur titulaire au département des systèmes d'information organisationnels de la Faculté des sciences de l'administration à l'Université Laval. Créateur de la méthode Datarun, il est à l'origine du logiciel Silverrun (modélisation des données). Silverrun, qui a vu le jour en 1985, a été récompensé en 1987 par le premier Octas d'excellence décerné par la Fédération informatique du Québec, aujourd'hui Réseau Action TI. Le logiciel s'appelait alors ConSOI; on le connaît maintenant sous le vocable Open ModelSPhere. Ces travaux ont valu à Daniel Pascot d'être reconnu par la Fédération informatique du Québec comme l'un des 25 bâtisseurs de l'informatique au Québec. Toujours très actif, les champs de recherche actuels du professeur Pascot gravitent toujours autour de ces axes : architecture d'entreprise (en particulier architecture d'information), méthodes et outils de conception de systèmes d'information, évaluation des systèmes complexes et des logiciels libres. Bien que lié au ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) par l'intermédiaire d'un centre de recherche, il a accepté de répondre aux questions de Logique libre. 

Logique libre – Êtes-vous d'accord avec le jugement sévère du Vérificateur général du Québec, qui, pour qualifier l'état de la gestion du DSQ par le MSSS, utilise le mot échec

Daniel Pascot – Tout d'abord, je tiens à souligner qu'en tant qu'intervenant contractuel par mon centre de recherche universitaire avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), je suis tenu à ne pas divulguer certaines informations; je vais donc me limiter à commenter les informations publiques et à livrer mon opinion personnelle.

Échec? Le Vérificateur général n'a certainement pas avancé ceci sans de solides arguments. Oui, c'est effectivement le cas. Si on compare ce qui était annoncé et ce qui a été produit jusqu'à maintenant ou qui ne verra jamais le jour, comme l'infrastructure de communication ou couche d'accès à l'information de santé.

Je pense que le problème du DSQ prend racine dans une vision extrêmement centralisée selon laquelle il faut d'abord centraliser l'information pour la faire circuler. On s'est donc concentré sur la mécanique de centralisation et de redistribution sans avoir établi au préalable un véritable cadre d'interopérabilité, c'est-à-dire la normalisation de l'information qui devrait circuler, et sans avoir avoir obtenu des acteurs sur le terrain un accord sur ce cadre, leur rôle et leur contribution.

Cela donne l'impression que l'on a pensé qu'il suffisait de décider unilatéralement d'utiliser la version 3 de la norme Health Level Seven ou HL7  v3, alors en cours d'émergence et d'adoption, pour réguler correctement les échanges, y compris sur le plan sémantique, pour l'ensemble des acteurs et systèmes concernés dans l'ensemble du réseau. Bien que cette norme ait l'ambition d'inclure le plan sémantique, c'est à dire de la signification des informations, elle est centrée sur la dimension informatique des échanges entre programmes et non sur les besoins de communication de l'ensemble des personnes œuvrant dans la santé. Cela a eu pour conséquence que chaque projet a travaillé dans son coin sans véritable plan d'ensemble si ce n'est un cadre technologique et un découpage du contenu du dossier médical en grands domaines classiques comme les examens de laboratoire ou la pharmacie, c'est-à-dire les prescriptions. 

Certains objectent que l'échec n'est pas total, que la télésanté par exemple est un succès. Je suis bien d'accord, mais la télésanté, comme l'indique un rapport de l'organisme Gartner, c'est une réalité marginale et on n'avait probablement pas besoin du DSQ et d'Inforoute Santé du Canada pour cela.

À ma connaissance, il y a néanmoins plusieurs choses qui ont été positives dans ce dossier. C'est le cas de l'imagerie médicale pour laquelle la technologie avait besoin d'être changée. Par ailleurs on possède maintenant une meilleure maîtrise des identifiants et répertoires de services à travers le réseau, en particulier des systèmes permettant l'identification précise d'une personne à travers tout le Québec ou le Canada alors qu'actuellement une personne est identifiée par une multitude de numéros de dossiers différents, chaque établissement ayant son propre système d'identification. 

Logique libre – Début 2011, des centaines de millions avaient déjà été dépensés pour le DSQ? Qu'a-t-on obtenu pour cet argent, a-t-on surtout payé des salaires à des consultants ou le Québec est -il propriétaire de logiciels et de matériel?  

Daniel Pascot – Les dossiers produits et le code écrit appartiennent probablement au gouvernement, mais, n'ayant pas eu accès aux contrats, je ne peux en dire plus.  On peut cependant espérer que, même en cas d'échec, tout n'est pas perdu, car, dans de tels projets, la réalisation du code ne constitue qu'une partie des coûts; par contre en ce qui concerne la conception et la gouvernance de tels projets, il est à espérer que l'on ait appris quelque chose. 

Par contre, ce qui a été dépensé pour la couche d'accès à l'information de santé ou CAIS, c'est perdu et ne sera pas utilisé; c'est probablement aussi le cas du visualiseur et du système de consentement.

Logique libre – Qu'est-ce que c'était que cette couche d'accès à l'information de santé? 

Daniel Pascot – Il s'agit d'un ensemble de logiciels chargés d'assurer la communication entre toutes les composantes du réseau d'information de la santé et les composantes centralisées. C'est comme un gros tuyau dont l'usage est géré par un contrôleur qui s'assure que seuls les logiciels autorisés activés par les personnes autorisées permettent d'accéder aux données auxquelles ces personnes ont droit. 

C'est le contrôleur qui assure la gestion du consentement, c'est un problème très complexe, surtout si on le centralise : il doit connaître qui a le droit d'accéder à telle ou telle information. Problème aggravé, car il me semble que, dans certains cas, on n'a pas clairement distingué entre l’authentification (qui consiste à s'assurer de l'identité de la personne) et le droit d'accès, qui, lui, dépend de l'information consultée ou créée.

Bref, la CAIS devait être une sorte de gros tuyau intelligent... mais il ne verra jamais le jour, ce qui remet en cause la finalité des modules dans lesquels chacun travaillait en attendant la CAIS, mais sans vraiment savoir comment s'y connecter.

Logique libre – Pourquoi cette perte?  

Daniel Pascot – À mon sens plus en raison du type de gouvernance de l'ensemble que pour des raisons technologiques : on a géré un portefeuille de projets d'infrastructure sous l'incitation de Inforoute Infoway Santé Canada avant d'établir l'architecture du système d'information du réseau d'intervenants en santé au Québec. On ne s'est pas assez préoccupé de déterminer qui communique quoi avec qui dans quel temps et comment? 

Logique libre – Est-ce que des technologies libres dont le code source est public, gratuit et librement modifiable n'auraient pas pu, sinon sauver la mise, du moins diminuer la facture de cet échec?  

Daniel Pascot – Oui, mais, dans le cas présent, en tant que militant pour le logiciel libre, je suis bien content qu'on n'ait pas utilisé de technologies libres, car on aurait dit « Voyez, les technologies libres, ne sont pas adaptées pour de tels projets » Le problème, ce n'est pas la technologie, mais la pensée de l'architecture et de la gouvernance du projet. Le problème, c'est d'avoir travaillé en silo et même, sur le plan purement technologique, sans perspective globale à long terme. Un exemple : le visualiseur, qui devait permettre d'accéder aux résultats centralisés de laboratoire, repose, d'après ce qu'on en a dit, sur Internet Explorer 6 alors que Microsoft vient de livrer la version 9!

Logique libre  – Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire? 

Daniel Pascot – Depuis des années, cela remonte à la commission Rochon au milieu des années 80, je pense que l'on devrait plutôt organiser la connaissance et le stockage de l'information locale d'une manière cohérente grâce à un cadre d'interopérabilité et mettre en place un mécanisme d'échange entre les différents nœuds grâce à des normes publiques. 

Avons-nous un tel modèle de cela? Oui et c'est Internet. Ainsi chaque nœud pourrait rapidement émettre de l'information, par exemple sous forme d'un document PDF, quand il serait contacté par une personne autorisée. Et chaque nœud, comme c'est déjà le cas aujourd'hui, serait responsable de la gestion des droits d'accès. 

De plus un dossier centralisé suppose que le terrain soit déjà bien informatisé. Le rapport du Vérificateur soulève ce point en publiant un graphique qui montre le faible taux d'informatisation de la première ligne en comparaison de la Suède où elle l'est pratiquement à 100%.

On aurait ainsi pu satisfaire la majeure partie des besoins pour une partie infime des coûts, en autant que la première ligne soit informatisée, ce qui est le cas des établissements principalement concernés par le DSQ dans son démarrage. En plus, c'est relativement aisé à réaliser. 

Puis, sur cette base, on aurait pu améliorer progressivement le système. Le hic, c'est qu'on est parti à l'envers! La centralisation a été un échec et pas uniquement au Québec : en France, le dossier a  rencontré des difficultés identiques et subi de la part de la Cour des comptes les mêmes reproches que ceux adressés par le Vérificateur général; de même l'initiative anglaise a connu des difficultés similaires, bien que la médecine anglaise soit beaucoup plus étatisée et, donc, stratégiquement plus adéquate pour une approche centralisée du dossier.

Logique libre – Mais si un dossier n'est pas centralisé, comment soigner convenablement par exemple une personne de Québec qui serait victime d'un grave accident à Percé et qui serait amenée  inconsciente à l'urgence?  

Daniel Pascot – Encore faudrait-il identifier cette personne avec une certitude absolue; quoi qu'il en soit, vous décrivez là un non-problème peu fréquent. Ma fille, médecin qui travaille dans une urgence en région, m'a rappelé que, dans un cas semblable, on s'emploie d'abord à stabiliser immédiatement le malade, quitte à lui donner du sang de type « O » ou universel et tous les produits nécessaires pour éviter un choc prophylactique. Puis, ensuite, on passe ensuite à d'autres traitements et on s'informe avec le téléphone si c'est nécessaire. 

Par ailleurs, il faut bien voir qu'en l'absence d'un système d'identification sûr à 100%, les médecins d'urgence ne prendraient pas de risque et continueraient d'agir comme ils font actuellement et  ignoreraient donc royalement le DSQ.  

Logique libre – Revenons un instant aux logiciels libres ou aux technologies libres : n'y aurait-il pas des technologies libres qui pourraient être fort utiles pour l'établissement d'un système calqué sur Internet tel que vous le proposez? 

Daniel Pascot – Oui, mais je tiens d'abord à rappeler que ce ne sont pas  les licences des technologies propriétaires qui coûtent le plus cher, mais le travail mal adapté, mal géré. Évidemment, le recours aux technologies libres permettrait de définir beaucoup plus rapidement et efficacement un cadre d'interopérabilité, car la notion d'interopérabilité fait partie de l'ADN des logiciels libres. Avec des technologies libres, on serait donc libéré de l'obligation de faire coexister et d'arrimer ensemble des technologies propriétaires hétéroclites et différentes les unes des autres.

Les logiciels libres constituent un patrimoine important. On pourrait s'appuyer sur ce patrimoine numérique au lieu de repartir à zéro comme on a trop tendance à la faire aujourd'hui et en gaspillant du temps et de l'argent. La crise des finances publiques devrait nous amener, à l'instar du modèle économique du logiciel libre, à travailler en commun et à éliminer la création de chasse gardées qui sont, en fait, des rentes de monopoles. Quand c'est le gouvernement qui paye pour un logiciel, celui-ci devrait faire partie du patrimoine collectif, il ne devrait être payé qu'une fois et, pour cela, il doit être libre.

Logique libre – Comment les entreprises y trouveraient-elles leur intérêt?  

Daniel Pascot – Par la qualité du service et non plus par le verrouillage des systèmes en leur faveur. Mais attention : si l'on veut vraiment tirer profit des logiciels libres, cela va prendre un mouvement fondamental et non aller piger un morceau par ci et par là : remplacer Windows par Linux ne suffira pas à résoudre les problèmes actuels. L'adoption récente du projet de loi 133* constitue potentiellement un pas dans la bonne direction.

Malheureusement, on peut craindre que les pratiques du gouvernement du Québec ne soient potentiellement désastreuses. Dans le domaine de la santé, il est d'usage de certifier des logiciels et des fournisseurs et non des cadres d'interopérabilité, ce qui entraîne une situation de monopole qui peut être pire que la compétition entre plusieurs logiciels fermés. Dans le cas des logiciels pour cliniques médicales, il existe un logiciel candidat soi-disant libre, OSCAR. Mais si vous lisez dans l'un des blogues de Nelson Dumais le commentaire qu'en a fait un utilisateur ontarien, vous en conclurez que, si on certifie ici une seule version d'un seul fournisseur avec ses extensions propriétaires pour ce logiciel, on se trouvera en pratique à accorder un monopole à ce fournisseur de services et à réduire à néant les bénéfices que peuvent apporter les logiciels libres en termes d'innovation et d'économie.

Logique libre – Comment résumer ce dossier du DSQ?

Daniel Pascot – Je pense que l'on est parti à l'envers en accordant foi à un préjugé en faveur d'une centralisation des informations, mais sans penser aux personnes qui devraient l'utiliser et sans réfléchir à la complexité réelle d'un tel système pour qu'il fonctionne automatiquement. 

On n'a pas assez regardé et respecté les usages sur le terrain. On n'a pas assez réfléchi au filtrage de l'information, c'est-à-dire à la sélection des informations qui devaient aboutir au DSQ, qui, rappelons-le, n'est pas le dossier médical complet d'une personne, mais un condensé partagé. Bref, pour employer une image, le DSQ « en tant que trip techno » est le résultat d'une dictature de la « bureaucratie informatique publique et privée » à l'encontre des besoins des médecins et divers intervenants sur le terrain; c'est du moins, pour conclure sur votre question initiale, l'interprétation que je fais de la lecture du rapport du Vérificateur général.

* Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement

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KliniK, un logiciel québécois de gestion intégrée pour cliniques médicales

Développé par Gestion-Ressources, destiné aux cliniques médicales et aux Groupes de médecine familiale du Québec, Klinik, indique, le présiudent de Gestion-Ressources, «est avant tout un outil de communication facilitant le partage des données entre les différents partenaires (médecins, infirmières,etc.) d'une même structure. À l'image de cette cohésion, la numérisation des données médicales permet de communiquer rapidement et collectivement de manière organisée.» Ceci est rendu possible parce que KliniK collige les données médicales de chaque patient inscrit (profil clinique, pharmacologique, résultats de laboratoire,etc.) et ainsi les partager avec le reste de l'équipe.

Klinik est une adaptation québécoise de GNU Health, une application médicale d'OpenERP, le progiciel de gestion intégré libre le plus téléchargé au monde. Ce progiciel de gestion intégré libre est disponible sous Unix, Linux, Mac OS X et Windows.

Hamid Rachane, un spécialiste ERP/PGI et CRM/GRC, parle en ces termes de ce progiciel: « Klinik représente un véritable outil de soin permettant d'offrir un accès optimal aux différents services grâce à une information complète prodiguée aux patients. Nous savons qu'un suivi exhaustif de chaque patient est un élément essentiel pour les médecins de proximité. Klinik permet de gérer l'ensemble des tâches liées aux membres d'une structure médicale, de la prise de rendez-vous à la réception d'analyses, en passant par la prescription de médicaments et tout en incluant la gestion du dossier patient informatisé.»

Pour obtenir des infdormations sur Klinik: contacter Laurent Bounin à l'adresse marketing@gestion-ressources.com ou à ce numéro de téléphone: 1-514-288-7448, poste 33.

(Ce texte est inpsiré d'un communiqué de presse émis par Gestion-Ressources.)

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Linux et diverses technologies libres au service de la sécurité civile au Québec

L'entreprise OmniVigil s'appuie sur des serveurs Linux
pour offrir un service d'alerte multirisque à Bécancour.
Reposant principalement sur un système de téléphonie IP,
ce service est conçu pour éviter les embouteillages
et la paralysie des systèmes téléphoniques traditionnels.

Le 11 mars dernier, lors du tremblement de terre au Japon, les systèmes classiques de téléphonie et une bonne partie des systèmes cellulaires ont été rapidement mis hors jeu sous l'effet du séisme et du tsunami ou en raison de l'engorgement engendré par les multiples tentatives d'appel simultanées... Pourtant un Québécois en poste au Japon a réussi à rester en contact téléphonique avec sa famille au Québec grâce à son téléphone IP de la compagnie OmniVigil de Québec. Il n'est pas le seul à avoir réussi à garder un contact avec l'extérieur, car d'autres ont eu ce «privilège» en utilisant Skype.

Téléphonie IP ou Skype, les incidents du 11 mars ont démontré la force et l'utilité extrême du réseau Internet, qui, pour paraphraser une publicité de camion, « est capable d'en prendre et d'en donner ». Bref, Internet est supérieur au réseau téléphonique traditionnel, car il utilise plusieurs routes pour se rendre à destination. Même supériorité quand il s'agit de contacter des milliers de correspondants en quelques minutes : le réseau Internet possède nettement plus de « capacité lignes » que les systèmes téléphoniques filaires.

Ce phénomène est tout à fait normal, car les compagnies de téléphone n'installent jamais autant de lignes que de numéros. La raison tient au fait que les utilisateurs n'utilisent jamais tous leur téléphone en même temps... sauf lors de catastrophes naturelles ou d'accidents, ce qui entraîne le plantage ou la congestion des systèmes téléphoniques classiques.

Dans la foulée du tremblement de terre et du tsunami, les énormes ennuis affligeant la centrale de Fukushima ont rapidement trouvé écho dans de nombreux pays du monde. Le Québec n'y a pas échappé, d'autant plus qu'il y a ici un débat en cours sur la fermeture ou le rajeunissement de la centrale nucléaire de Bécancour au sud-est de Trois-Rivières au coût de deux milliards. Si jamais cette centrale devait être rénovée, il serait alors obligatoire en vertu de la condition 4 du décret du Gouvernement du Québec que soit préalablement mis en place un système d'alerte massive pour protéger la population.

La Ville de Bécancour, en collaboration avec Hydro-Québec, réfléchit depuis des années à une possible catastrophe, d'autant plus que son parc industriel abrite d'autres « producteurs de risques », par exemple une usine de chlore. Ce travail a récemment donné lieu à un appel d'offres pour l'Acquisition d’un système d’alerte multirisque. Ce système doit permettre d'alerter et d'informer en moins de 30 minutes des milliers résidents au moyen de ces divers moyens : téléphones fixes et mobiles, télécopieurs, courriels, SMS, téléavertisseurs numériques. Bien au courant de la situation fragile des systèmes classiques de téléphone ou RTPC (réseau téléphonique public commuté), la Ville demande que le système proposé puisse fonctionner même si le RTPC n'est plus fonctionnel.

Seulement deux entreprises, OmniVigil et IsacSoft, ont présenté une soumission. OmniVigil, une entreprise dont le siège social est à Bécancour, propose une solution basée entre autres sur des serveurs Linux. Spécialisée dans le développement de solutions technologiques intégrant des services évolués de téléphonie IP, OmniVigil dessert aujourd'hui plus d’une centaine de clients d’affaires au Québec, au Mexique, en Angleterre, en Afrique et en Asie.

Sans entrer dans les détails de la solution OmniVigil, on sait que celle-ci repose sur des serveurs Linux. Pierre Dalpé, vice-président stratégie, explique le bien-fondé de ce choix technologique : « Nous avons choisi Linux pour maximiser la fiabilité et la robustesse essentielles à nos solutions en sécurité civile. Outre leur robustesse nos solutions ont le grand avantage de permettre un contrôle total des coûts des infrastructures déployées : avec des licences gratuites, ce sont les clients et, au-delà, les contribuables qui sont les grands gagnants. »

« Nous utilisons une douzaine de technologies libres éprouvées... PHP, MySQL, PostgreSQL, Asterisk, MapServer et MySQL. Celles-ci sont enchâssées dans une architecture unique qui maximise leurs forces individuelles et la résilience des services. L’ouverture de ces logiciels facilite et accélère les innovations continues des technologies et des pratiques pour le plus grand bénéfice des citoyens. »

Au sceptique qui douterait du bien-fondé du choix de Linux, Pierre Dalpé l'envoie à cette statistique intéressante : fin 2010, 91,8% des 500 plus gros ordinateurs au monde roulent avec un système d'exploitation de la famille Linux...!

C'est dans quelques semaines que devrait être sélectionnée l'entreprise qui aura à implanter le système d’alerte multirisque. Un dossier à suivre... et que nous suivrons.

par François Huot

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« le logiciel libre est la seule voie possible pour bâtir des systèmes d'information modernes... »

Extrait de l'intervention de Cyrille Béraud le 24 mars dernier à l'occasion de la commission parlementaire sur le  projet de loi 133: Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement.

Le diagnostic

Avant d'envisager les solutions proposées pour améliorer la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles, il nous faut faire un diagnostic le plus précis possible.

Comment expliquer la succession d'échecs dans la mise en œuvre de nombreux projets informatiques gouvernementaux ces dix dernières années ? Comment expliquer les défaillances dans la gestion de la plupart de ces projets, comme en témoignent les dépassements de coûts systématiques, et souvent dans des proportions faramineuses ?

Les systèmes d'information des organisations, et en particuliers ceux de l'État, sont devenus des systèmes fortement intégrés, complexes, hétérogènes et en mutation constante.

Ce changement mal anticipé de paradigme explique, d'après nous, en grande partie l'impasse à laquelle ont menées les politiques précédentes.

Pour mettre en œuvre ces systèmes d'information modernes, l'organisation se doit d'abord d'être maître de l'ensemble de ses composants. Elle doit en être pleinement propriétaire.

Elle doit posséder l'outillage technologique nécessaire. Enfin, elle doit mettre en œuvre une méthodologie de gouvernance de projet adaptée.

En utilisant massivement des logiciels qui, par leurs licences, restreignent drastiquement l'usage qu'elles peuvent en faire - je parle ici des logiciels privatifs -, les administrations se sont privées de la liberté d'adapter continuellement leurs outils à leurs besoins. Ceci entraînant un surcoût et un gâchis de ressources financières et humaines incommensurables.

En se privant d'utiliser l'extraordinaire boîte à outils disponible sur Internet, elles se sont condamnées à reconstruire sans cesse ce qui existait déjà.

Enfin, en mettant en œuvre des méthodologies de gouvernance de leurs projets dépassées, elles se sont privées de la mutualisation extrêmement bénéfique des ressources logiciels et de l'expertise humaine rare et coûteuse.

Le logiciel libre est la réponse apportée par l'industrie du logiciel pour bâtir les nouveaux systèmes d'information modernes. Incontournable, il est devenu la norme dans cette industrie à travers le monde.

Il n'est pas une garantie en soi du succès des projets informatiques. Bien d'autres paramètres rentrent en ligne de compte. Mais l'APELL affirme que le logiciel libre est la seule voie possible pour bâtir des systèmes d'information modernes.

 

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