L'entreprise OmniVigil s'appuie sur des serveurs Linux
pour offrir un service d'alerte multirisque à Bécancour.
Reposant principalement sur un système de téléphonie IP,
ce service est conçu pour éviter les embouteillages
et la paralysie des systèmes téléphoniques traditionnels.
Le 11 mars dernier, lors du tremblement de terre au Japon, les systèmes classiques de téléphonie et une bonne partie des systèmes cellulaires ont été rapidement mis hors jeu sous l'effet du séisme et du tsunami ou en raison de l'engorgement engendré par les multiples tentatives d'appel simultanées... Pourtant un Québécois en poste au Japon a réussi à rester en contact téléphonique avec sa famille au Québec grâce à son téléphone IP de la compagnie OmniVigil de Québec. Il n'est pas le seul à avoir réussi à garder un contact avec l'extérieur, car d'autres ont eu ce «privilège» en utilisant Skype.
Téléphonie IP ou Skype, les incidents du 11 mars ont démontré la force et l'utilité extrême du réseau Internet, qui, pour paraphraser une publicité de camion, « est capable d'en prendre et d'en donner ». Bref, Internet est supérieur au réseau téléphonique traditionnel, car il utilise plusieurs routes pour se rendre à destination. Même supériorité quand il s'agit de contacter des milliers de correspondants en quelques minutes : le réseau Internet possède nettement plus de « capacité lignes » que les systèmes téléphoniques filaires.
Ce phénomène est tout à fait normal, car les compagnies de téléphone n'installent jamais autant de lignes que de numéros. La raison tient au fait que les utilisateurs n'utilisent jamais tous leur téléphone en même temps... sauf lors de catastrophes naturelles ou d'accidents, ce qui entraîne le plantage ou la congestion des systèmes téléphoniques classiques.
Dans la foulée du tremblement de terre et du tsunami, les énormes ennuis affligeant la centrale de Fukushima ont rapidement trouvé écho dans de nombreux pays du monde. Le Québec n'y a pas échappé, d'autant plus qu'il y a ici un débat en cours sur la fermeture ou le rajeunissement de la centrale nucléaire de Bécancour au sud-est de Trois-Rivières au coût de deux milliards. Si jamais cette centrale devait être rénovée, il serait alors obligatoire en vertu de la condition 4 du décret du Gouvernement du Québec que soit préalablement mis en place un système d'alerte massive pour protéger la population.
La Ville de Bécancour, en collaboration avec Hydro-Québec, réfléchit depuis des années à une possible catastrophe, d'autant plus que son parc industriel abrite d'autres « producteurs de risques », par exemple une usine de chlore. Ce travail a récemment donné lieu à un appel d'offres pour l'Acquisition d’un système d’alerte multirisque. Ce système doit permettre d'alerter et d'informer en moins de 30 minutes des milliers résidents au moyen de ces divers moyens : téléphones fixes et mobiles, télécopieurs, courriels, SMS, téléavertisseurs numériques. Bien au courant de la situation fragile des systèmes classiques de téléphone ou RTPC (réseau téléphonique public commuté), la Ville demande que le système proposé puisse fonctionner même si le RTPC n'est plus fonctionnel.
Seulement deux entreprises, OmniVigil et IsacSoft, ont présenté une soumission. OmniVigil, une entreprise dont le siège social est à Bécancour, propose une solution basée entre autres sur des serveurs Linux. Spécialisée dans le développement de solutions technologiques intégrant des services évolués de téléphonie IP, OmniVigil dessert aujourd'hui plus d’une centaine de clients d’affaires au Québec, au Mexique, en Angleterre, en Afrique et en Asie.
Sans entrer dans les détails de la solution OmniVigil, on sait que celle-ci repose sur des serveurs Linux. Pierre Dalpé, vice-président stratégie, explique le bien-fondé de ce choix technologique : « Nous avons choisi Linux pour maximiser la fiabilité et la robustesse essentielles à nos solutions en sécurité civile. Outre leur robustesse nos solutions ont le grand avantage de permettre un contrôle total des coûts des infrastructures déployées : avec des licences gratuites, ce sont les clients et, au-delà, les contribuables qui sont les grands gagnants. »
« Nous utilisons une douzaine de technologies libres éprouvées... PHP, MySQL, PostgreSQL, Asterisk, MapServer et MySQL. Celles-ci sont enchâssées dans une architecture unique qui maximise leurs forces individuelles et la résilience des services. L’ouverture de ces logiciels facilite et accélère les innovations continues des technologies et des pratiques pour le plus grand bénéfice des citoyens. »
Au sceptique qui douterait du bien-fondé du choix de Linux, Pierre Dalpé l'envoie à cette statistique intéressante : fin 2010, 91,8% des 500 plus gros ordinateurs au monde roulent avec un système d'exploitation de la famille Linux...!
C'est dans quelques semaines que devrait être sélectionnée l'entreprise qui aura à implanter le système d’alerte multirisque. Un dossier à suivre... et que nous suivrons.
par François Huot
Mon 11 Avril 2011




